La belle au parfum

Lc 7, 36-48
décembre 14, 2022

Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table.

Survint une femme de la ville qui était pécheresse ; elle avait appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien. Apportant un flacon de parfum en albâtre et se plaçant par-derrière, tout en pleurs, aux pieds de Jésus, elle se mit à baigner ses pieds de larmes ; elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux du parfum.

Voyant cela, le Pharisien qui l’avait invité se dit en lui-même : « Si cet homme était un prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »

Jésus prit la parole et lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. » — « Parle, Maître », dit-il. « Un créancier avait deux débiteurs ; l’un lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce de leur dette à tous les deux. Lequel des deux l’aimera le plus ? »

Simon répondit : « Je pense que c’est celui auquel il a fait grâce de la plus grande dette. » Jésus lui dit : « Tu as bien jugé. »

Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison : tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds, mais elle, elle a baigné mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser, mais elle, depuis qu’elle est entrée, elle n’a pas cessé de me couvrir les pieds de baisers. Tu n’as pas répandu d’huile odorante sur ma tête, mais elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.

Si je te déclare que ses péchés si nombreux ont été pardonnés, c’est parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. 

Il dit à la femme : « Tes péchés ont été pardonnés. »

Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme qui va jusqu’à pardonner les péchés ? » Jésus dit à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix. » 

Commentaire

Aujourd’hui nous devions lire Lc 7, 18-23, mais c’est une répétition exacte de Mt 11,2-11 que nous avons lu il y a deux jours. J’ai donc choisi un autre passage de Luc que nous n’avons pas lu l’an passé et qui mérite un peu d’intérêt. On trouve un passage très proche en Mt 26, 6-13 qui s’appelle l’onction à Béthanie. Cela se passe aussi dans une maison de Simon, mais le sens est sur la façon de dépenser l’argent, avec Jésus qui dit aux disciples qu’ils auront toujours des pauvres et que la femme, dont on ne connaît pas le nom non plus (ni la profession d’ailleurs), prépare son corps à l’ensevelissement.

Ici le sens est complètement différent : Luc ne nous parle pas d’argent, mais de pardon et de conversion. Il l’a probablement mis ici pour faire suite aux dires des juifs sur un Jésus glouton qui fréquente les gens de mauvaise vie.

Luc insiste plusieurs fois sur l’accueil, celui de Marthe et de Marie comme celui de Zachée, le petit qui grimpe à l’arbre. Deux remarques techniques : n’oublions pas que les gens de cette époque mangent allongés sur des lits (la femme n’est donc pas en train de ramper aux pieds de Jésus) et il faut savoir aussi que quand quelqu’un donnait un festin, tout les passants pouvaient entrer et se restaurer. Voilà pourquoi cette dame a pu entrer dans la maison du Pharisien et pourquoi elle n’en n’a pas été chassée, alors qu’elle était impure de profession.

On ne sait rien d’elle. Connaissait-elle Jésus ? Jésus l’avait-il rencontrée auparavant ? Elle ne dit rien, et Jésus ne lui parle qu’à la fin. Ce qui est certain est que Jésus, qui a quand même dû repérer quelle genre de femme elle était, s’est laissé toucher, physiquement, un toucher dangereux pour un pharisien.

Luc fait le lien, comme il le fera aussi chez Zachée (qui rendra le quadruple à ceux qu’ils a volé), entre l’amour et le pardon. Et c’est un lien quantitatif : plus on aime, plus on pardonne, plus on est pardonné. C’est mathématique. Et c’est une mathématique pure, qui ne tient pas compte de la réputation des gens ou de leur classe sociale, ni même de leur choix religieux.

Le pardon semble efficace, car la femme part en paix. La paix dans la bible, cela signifie la plénitude de la vie, le salut ; la femme est transformée et sa vie va être transformée. Au contact de Jésus, ce n’est pas Jésus qui a été contaminé, comme le pensait Simon, mais la femme qui a été purifiée.

Au chapitre 8 qui démarre juste après, on trouve en 8.2 « les 12 étaient avec lui, ainsi que quelques femmes qui avaient été délivrées d’esprits malins et de maladie ». Il y avait là Marie-Madeleine, Jeanne et Suzanne. On ne sait pas ce qu’est devenue notre belle au parfum…

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