La guerre de Jérusalem aura bien lieu

Lc 19, 41-44
novembre 17, 2022

Quand il approcha de la ville et qu’il l’aperçut, il pleura sur elle.

Il disait : « Si toi aussi tu avais su, en ce jour, comment trouver la paix… ! Mais hélas ! cela a été caché à tes yeux ! Oui, pour toi des jours vont venir où tes ennemis établiront contre toi des ouvrages de siège ; ils t’encercleront et te serreront de toutes parts ; ils t’écraseront, toi et tes enfants au milieu de toi ; et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu as été visitée. »

Commentaire

Nous avons sauté l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, et nous voilà devant un petit passage prémonitoire…enfin presque, puisque Luc écrit après la destruction du temple en 70. Une fois de plus, il est plus facile de prévoir après qu’avant…

Le procurateur romain Gessius Florus a foutu une belle pagaille en Palestine dans les années 64 à 66, en faisant à peu près tout pour mécontenter les juifs, du genre faire des sacrifices païens dans la synagogue de Césarée et piocher dans la cagnotte du temple. Du coup, Eléazar, le chef de la police du temple, prend la décision de suspendre le sacrifice quotidien fait pour l’empereur…la dispute dégénère, les zélotes (une bande armée nationaliste juive) coursent l’armée de Florus et prennent Jérusalem ainsi que de nombreux territoires. En 67, Vespasien intervient et récupère la Galilée et la Samarie, puis part à Rome se faire élire empereur en laissant son fils Titus à la tête de son armée. A Pâques de l’année 70, Titus assiège Jérusalem et construit une muraille de 7 km autour de Jérusalem. Alors que les chefs juifs se disputent entre eux, ils font brûler leurs réserves et la ville est en pleine famine. Le 20 juillet, les romains entrent dans le temple en brûlant les portiques et contre l’avis de Titus, un soldat romain y met le feu. Le 29 août il ne restera rien de la ville et du temple, les romains auront tout rasé sauf le mur occidental.

La description du siège sera reprise par Luc en 21, 20-24. On trouve dans le Psaume 137 à propos de Babylone : « heureux celui qui saisira tes nourrissons pour les broyer sur le roc ». L’expression de la visite de Dieu à la cité est classique dans l’ancien testament (Genèse, Exode, Jérémie, Psaumes…) pour parler soit d’un châtiment infligé par Dieu, soit d’une intervention de grâce. Luc qui connait bien ses classiques voit parfaitement bien la venue de Jésus comme une visite de Dieu, dont la cité ne se rend même pas compte, Jésus qui aime Jérusalem pleurera à l’avance sur son destin funeste.

Luc pourrait laisser entendre que la fin de Jérusalem serait liée au fait que le monde juif n’ait pas voulu reconnaître son Dieu en la personne de Jésus…c’est quand même un peu gonflé, il n’est pas certain que si tous les juifs se soient convertis au christianisme, la guerre judéo-romaine n’aurait pas eu lieu. Elle aurait eu un autre nom peut-être…

Calendrier

Cliquez sur le jour pour lire l'article.

Évangiles

Intro

Avant-Propos

La foi c'est quoi?

Newsletter quotidienne

Une découverte quotidienne de la vie de Jésus, de ses actes et de ses paroles, avec un commentaire libre, laïc, original et sans prétention.

Merci. Vous vous êtes inscrit avec succès à la newsletter.