Les Rameaux

Lc 19, 28-40 et Lc 23, 1-49
avril 10, 2022

Sur ces mots, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem. Or, quand il approcha de Bethphagé et de Béthanie, vers le mont dit des Oliviers, il envoya deux disciples en leur disant : « Allez au village qui est en face ; en y entrant, vous trouverez un ânon attaché que personne n’a jamais monté. Détachez-le et amenez-le. Et si quelqu’un vous demande : “Pourquoi le détachez-vous ? ” vous répondrez : “Parce que le Seigneur en a besoin.” »

Les envoyés partirent et trouvèrent les choses comme Jésus leur avait dit. Comme ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » Ils répondirent : « Parce que le Seigneur en a besoin. »

Ils amenèrent alors la bête à Jésus, puis jetant sur elle leurs vêtements, ils firent monter Jésus ; et à mesure qu’il avançait, ils étendaient leurs vêtements sur la route.

Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers, quand tous les disciples en masse, remplis de joie, se mirent à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus.

Ils disaient : « Béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »

Quelques Pharisiens, du milieu de la foule, dirent à Jésus : « Maître, reprends tes disciples ! » Il répondit : « Je vous le dis : si eux se taisent, ce sont les pierres qui crieront. »

Et ils se levèrent tous ensemble pour le conduire devant Pilate. Ils se mirent alors à l’accuser en ces termes : « Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation : il empêche de payer le tribut à César et se dit Messie, roi. »

Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui répondit : « C’est toi qui le dis. »

Pilate dit aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve rien qui mérite condamnation en cet homme. » Mais ils insistaient en disant : « Il soulève le peuple en enseignant par toute la Judée à partir de la Galilée jusqu’ici. » A ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen et, apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode, il le renvoya à ce dernier qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.

A la vue de Jésus, Hérode se réjouit fort, car depuis longtemps il désirait le voir, à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire quelque miracle. Il l’interrogeait avec force paroles, mais Jésus ne lui répondit rien. Les grands prêtres et les scribes étaient là qui l’accusaient avec violence.

Hérode en compagnie de ses gardes le traita avec mépris et se moqua de lui ; il le revêtit d’un vêtement éclatant et le renvoya à Pilate. Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent amis, eux qui auparavant étaient ennemis.

Pilate alors convoqua les grands prêtres, les chefs et le peuple, et il leur dit : « Vous m’avez amené cet homme-ci comme détournant le peuple du droit chemin ; or, moi qui ai procédé devant vous à l’interrogatoire, je n’ai rien trouvé en cet homme qui mérite condamnation parmi les faits dont vous l’accusez ; Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. Ainsi il n’y a rien qui mérite la mort dans ce qu’il a fait. Je vais donc lui infliger un châtiment et le relâcher. »

Ils s’écrièrent tous ensemble : « Supprime-le et relâche-nous Barabbas. » Ce dernier avait été jeté en prison pour une émeute survenue dans la ville et pour meurtre. De nouveau Pilate s’adressa à eux dans l’intention de relâcher Jésus.

Mais eux vociféraient : « Crucifie, crucifie-le. »

Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Je vais donc lui infliger un châtiment et le relâcher. » Mais eux insistaient à grands cris, demandant qu’il fût crucifié, et leurs clameurs allaient croissant.

Alors Pilate décida que leur demande serait satisfaite.

Il relâcha celui qui avait été jeté en prison pour émeute et meurtre, celui qu’ils demandaient ; quant à Jésus, il le livra à leur volonté.

Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène qui venait de la campagne, et ils le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus. Il était suivi d’une grande multitude du peuple, entre autres de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui.

Jésus se tourna vers elles et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants. Car voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles et celles qui n’ont pas enfanté ni allaité.” Alors on se mettra à dire aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez-nous.” Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, qu’en sera-t-il de l’arbre sec ? »

On en conduisait aussi d’autres, deux malfaiteurs, pour les exécuter avec lui. Arrivés au lieu-dit « le Crâne », ils l’y crucifièrent ainsi que les deux malfaiteurs, l’un à droite, et l’autre à gauche.

Jésus disait : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Et, pour partager ses vêtements, ils tirèrent au sort. Le peuple restait là à regarder ; les chefs, eux, ricanaient ; ils disaient : « Il en a sauvé d’autres. Qu’il se sauve lui-même s’il est le Messie de Dieu, l’Elu ! » Les soldats aussi se moquèrent de lui : s’approchant pour lui présenter du vinaigre, ils dirent :

« Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. » Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « C’est le roi des Juifs. »

L’un des malfaiteurs crucifiés l’insultait : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même et nous aussi ! » Mais l’autre le reprit en disant : « Tu n’as même pas la crainte de Dieu, toi qui subis la même peine ! Pour nous, c’est juste : nous recevons ce que nos actes ont mérité ; mais lui n’a rien fait de mal. »

Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras comme roi. »

Jésus lui répondit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. »

C’était déjà presque midi et il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à trois heures, le soleil ayant disparu. Alors le voile du sanctuaire se déchira par le milieu ;

Jésus poussa un grand cri ; il dit : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. » Et, sur ces mots, il expira.

Voyant ce qui s’était passé, le centurion rendait gloire à Dieu en disant : « Sûrement, cet homme était juste. »

Et tous les gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, à la vue de ce qui s’était passé, s’en retournaient en se frappant la poitrine.

Tous ses familiers se tenaient à distance, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée et qui regardaient.

Commentaire

Nous sommes le dimanche des Rameaux, cad le début de la semaine sainte. On lit dans un premier temps l’évangile des rameaux (Lc 19, 28-40), au moment de la bénédiction des rameaux, puis on lit aussi la totalité de la passion du Christ (Lc 23, 1-49). Le récit de la passion est assez clair en lui-même, je ne pense pas qu’il y ait besoin de commentaires ni d’explication. J’ai personnellement horreur de ce dimanche des Rameaux, à cause de cette lecture longue et terrible de la passion du Seigneur, la tristesse affichée par l’Eglise me perturbait beaucoup étant jeune et je ne m’en suis pas vraiment remis.

Concernant l’arrivée de Jésus à Jérusalem, le texte est à peu-près le même chez les 4 évangélistes. L’œuvre littéraire est construite pour nous montrer l’arrivée glorieuse du Roi d’Israël. On y retrouve donc le passage de Zacharie (Za 9,9) : « Tressailles d’allégresse, fille de Sion…voici que ton roi s’avance vers toi ; il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne, un ânon tout jeune ».

L’histoire des vêtements se trouve dans le livre des Rois, 2R 9,12, le prophète Elisée oint le roi Jéhu comme roi d’Israël, et le public met les manteaux sur les marches. Et on retrouve aussi le sacre de Salomon organisé par David (1 R1,33) avec une procession où les gens crient « vive le roi Salomon ».

Luc évite le terme « Hosanna » au plus haut des cieux (Hosanna voulant dire « sauve »). Cette appellation est issue du Psaume 118,26 « béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » et elle était proclamée par les juifs lors de la procession des rameaux de palme ; on se rappellera l’explication sur la fête des Tentes, Souccot, avec le rite des 4 espèces végétales. On agitait des branches de palme au passage de la procession.

Comme on peut le voir, la fête des Rameaux est une fête des Tentes revisitée et adaptée à l’arrivée de Jésus aux portes de Jérusalem.

Les pierres qui crient se retrouvent dans Habacuc 2,11 ; la pierre du mur criera et la poutre de la charpente lui répondra.

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