Pardonner 490 fois

Mt 18, 21-35
mars 22, 2022

Alors Pierre s’approcha et lui dit : « Seigneur, quand mon frère commettra une faute à mon égard, combien de fois lui pardonnerai-je ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui dit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.

« Ainsi en va-t-il du Royaume des cieux comme d’un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Pour commencer, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n’avait pas de quoi rembourser, le maître donna l’ordre de le vendre ainsi que sa femme, ses enfants et tout ce qu’il avait, en remboursement de sa dette.

Se jetant alors à ses pieds, le serviteur, prosterné, lui disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Pris de pitié, le maître de ce serviteur le laissa aller et lui remit sa dette.

En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent pièces d’argent ; il le prit à la gorge et le serrait à l’étrangler, en lui disant : “Rembourse ce que tu dois.” Son compagnon se jeta donc à ses pieds et il le suppliait en disant : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.”

Mais l’autre refusa ; bien plus, il s’en alla le faire jeter en prison, en attendant qu’il eût remboursé ce qu’il devait.

Voyant ce qui venait de se passer, ses compagnons furent profondément attristés et ils allèrent informer leur maître de tout ce qui était arrivé. Alors, le faisant venir, son maître lui dit : “Mauvais serviteur, je t’avais remis toute cette dette, parce que tu m’en avais supplié. Ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ? ” Et, dans sa colère, son maître le livra aux tortionnaires, en attendant qu’il eût remboursé tout ce qu’il lui devait.

C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » 

Commentaire

Le texte est simple, et il convient de le lire à la lumière du Notre-Père « pardonne-nous nos offenses comme nous le pardonnons aussi… ». Le sujet est complexe, et je vous propose de l’entendre avec des oreilles juives.

Les juifs étaient exclaves en Egypte, ils connaissaient bien le sujet.

Ensuite en Palestine, il y avait la possibilité de prendre comme exclave un débiteur dans l’incapacité de rembourser. A la date du remboursement de la dette plus 6 ans, l’homme était libre. Le temps veut dire quelque chose pour les juifs, et c’est pour cela que le pardon est lié à la patience.

Matthieu est considéré comme l’évangéliste de la miséricorde. Si Luc aborde un peu le sujet de la dette (comme dans son évangile de réconciliation qui nous suggère d’éviter les conflit et le tribunal, « tu n’en sortiras pas sans avoir payé jusqu’au dernier centime »), seul Matthieu détaillera cette question du pardon, du pardon infini (70 fois 7 fois).

Beaucoup d’écrivains juifs et chrétiens ont travaillé sur cette question du pardon dans le cadre de la Shoah, un sujet difficile qui nous fait bien comprendre le rôle du temps dans le pardon.

Pardonner n’est pas oublier, c’est faire la séparation entre la personne et le fait, entre l’homme et la faute. L’objet de la blessure n’est pas oublié, mais seul le pardon libère. Il s’agit d’une démarche longue, délicate et difficile, qui devrait se faire à deux.

Un texte que j’ai trouvé et que je vous soumets :

Le mal que m’a fait l’autre

Me brûlera longtemps,

Mais je refuse de le lui faire payer.

Pardonner

C’est regarder la faute en face,

C’est la regarder à deux :

Celui qui l’a commise

Celui qui la pardonne.

 

Cette histoire de tendre l’autre joue n’est vraiment pas facile…mais on comprend bien que c’est la seule façon d’avancer.

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